Le Centre Gauche a toujours placé l’être humain au centre de sa politique. A cet égard, il regrette la succession d’événements politiques ayant abouti à ce que le canton se retrouve sans budget pour l’année prochaine, pour le moment en tout cas. C’est pourquoi, l’Assemblée des délégués du 5 novembre estime vaine la démarche du référendum contre la LAFE.

Avec le plan d’assainissement des finances de l’État (PAFE) , le gouvernement a déjà mis une pression importante sur les personnes les plus défavorisées de notre canton, sur la politique sociale et sur la politique climatique.
Nous regrettons le calendrier proposé par le Conseil d’État. Les prévisions budgétaires étant connues de longues dates, le Conseil d’État aurait dû tenir compte dans sa planification des risques liés au dépôt d’un référendum. Il est tout autant surprenant que l’exécutif n’ait pas prévu de plan B le cas échéant.
Or, le droit de référendum est une prérogative garantie par la Constitution cantonale et il est exclu d’en reprocher son usage.
Le procédé choisi par le Conseil d’État démontre une vision à très court terme qui freine le dynamisme et toute volonté politique, hormis celle de produire un budget équilibré.
En refusant obstinément de reconsidérer l’équilibre des sacrifices et les baisses fiscales les plus récemment octroyées, le Conseil d’État a choisi de ne pas respecter le principe d’équité, faisant porter le fardeau à toute la population, sans distinction de revenus.
Nous regrettons également la teneur des débats lors des discussions sur la LAFE au Grand Conseil. Mise à part l’amendement déposé par les députés CG Pfister et Tritten concernant les progressions salariales, ainsi que celui du député Clément concernant l’indexation des salaires, aucun compromis n’a été fait par la majorité de droite du parlement. Dans ce contexte, le dépôt du référendum contre la LAFE était d’autant plus à prévoir.
Nous tenons toutefois à rappeler que ce référendum porte uniquement sur les objets traités dans le cadre de la LAFE, et non du PAFE dans son ensemble. Or, les points les plus problématiques du plan d’assainissement des finances cantonales sont de la compétence directe du Conseil d’État. Ce dernier peut mettre d’ores et déjà en œuvre un certain nombre de mesures qui touchent les personnes en situation de handicap, les subventions à la protection de l’environnement et de la biodiversité et ainsi que l’augmentation de nombreux émoluments.
Le retrait du budget 2026, qui aura une conséquence directe sur la population fribourgeoise en gelant les différentes augmentation de postes, par exemple au Service de l’enfance et de la jeunesse ou au sein des justices de paix, met aussi de nombreuses associations d’utilité publique en difficultés par le gel des différentes subventions. Nous craignons que les personnes les plus faibles du canton fassent les frais de jeux politiques, dont les conséquences risquent de se mesurer à long terme. A ce titre, nous sommes également circonspects quant à la validité juridique de la manœuvre et étudions les voies de recours possibles. La population fribourgeoise et tout particulièrement celle qui a besoin des prestations des services publics ne doit pas se retrouver otage de manœuvres politiciennes.
Le Centre Gauche ne peut ainsi cautionner ni le retrait du budget 2026, ni le lancement du référendum. Il appelle la classe politique fribourgeoise à se montrer digne de sa fonction et de replacer chaque habitant×e du canton de Fribourg quelles que soient ses revenus et ses difficultés au centre de sa réflexion.